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Le silence cherche un abri

Discussion publiée par edel18
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19 Sep 2007 à 12:59 Le silence cherche un abri

edel18

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Msg: 248
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Le silence cherche un abri
et tout lui semble plein de bruit.
Ah même la biche envolée
et le lièvre au bout de l'allée
Ou l'arbre d'un pays sans vent
Aplusieurs lieues de l'océan.
Mais peut être qu'une cabane
Au fond d'une âme diaphane
Ou bien quelque masque terreux
Avec deux grands trous pour les yeux
Et le front sans une pensée
Offrant sa matière glacée,
A moins que l'oreille d'un mort
Où les bruits n'osent plus entrer
et forment le cercle au dehors
Avec un maussade respect?
Mais il préfère s'attarder
Aux lèvres d'un clairon de pierre
Où il feint de se déchirer
Pour son ivresse solitaire.

Jules Supervielle.
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19 Sep 2007 à 13:24 Re: Le silence cherche un abri

bobo11

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salut
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19 Sep 2007 à 13:26 Re: Le silence cherche un abri

bobo11

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ce geniale ta presentation
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19 Sep 2007 à 18:36 Re: Le silence cherche un abri

tibo60

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Bavard
Msg: 4032
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Citation du message publié par edel18

Le silence cherche un abri
et tout lui semble plein de bruit.
Ah même la biche envolée
et le lièvre au bout de l'allée
Ou l'arbre d'un pays sans vent
Aplusieurs lieues de l'océan.
Mais peut être qu'une cabane
Au fond d'une âme diaphane
Ou bien quelque masque terreux
Avec deux grands trous pour les yeux
Et le front sans une pensée
Offrant sa matière glacée,
A moins que l'oreille d'un mort
Où les bruits n'osent plus entrer
et forment le cercle au dehors
Avec un maussade respect?
Mais il préfère s'attarder
Aux lèvres d'un clairon de pierre
Où il feint de se déchirer
Pour son ivresse solitaire.

Jules Supervielle.


Émile VERHAEREN (1855-1916)
(Recueil : Les heures d'après-midi)

Asseyons-nous tous deux près du chemin


Asseyons-nous tous deux près du chemin,
Sur le vieux banc rongé de moisissures,
Et que je laisse, entre tes deux mains sûres,
Longtemps s'abandonner ma main.

Avec ma main qui longtemps s'abandonne
A la douceur de se sentir sur tes genoux,
Mon coeur aussi, mon coeur fervent et doux
Semble se reposer, entre tes deux mains bonnes.

Et c'est la joie intense et c'est l'amour profond
Que nous goûtons à nous sentir si bien ensemble,
Sans qu'un seul mot trop fort sur nos lèvres ne tremble,
Ni même qu'un baiser n'aille brûler ton front.

Et nous prolongerions l'ardeur de ce silence
Et l'immobilité de nos muets désirs,
N'était que tout à coup à les sentir frémir
Je n'étreigne, sans le vouloir, tes mains qui pensent ;

Tes mains, où mon bonheur entier reste celé
Et qui jamais, pour rien au monde,
N'attenteraient à ces choses profondes
Dont nous vivons, sans en devoir parler.
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